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BONNE ANNÉE 2008
Encore une fois, notre monde termine son
cycle annuel. Le soleil achève le sien. L'obscurité
semble avoir pris le dessus sur la clarté. Et pourtant,
nous ne doutons pas un instant que la lumière va
commencer bientôt à reprendre ses droits. Une fois de
plus nous nous en réjouirons et nous fêterons.
Pour nous les croyantes et les croyants,
cette reprise d'un nouveau cycle, cette arrivée d'une
nouvelle année, nous savons que c'est comme l'image du
grand cycle de l'histoire du monde dans lequel il y a eu
un nouveau départ, comme une nouvelle création. Nous
savons même quand elle s'est produite. Nous savons
qu'elle a été rendue possible par la naissance du Fils
de Dieu dans un corps humain, l'arrivée unique et
définitive de Jésus qu'on appelle Christ. Sa naissance a
marqué le début d'une ère nouvelle dans laquelle nous
sommes engagés et qui doit mener le monde à son
accomplissement total.
Voilà pourquoi nous fêtons la naissance
de Jésus dans le même temps que nous fêtons l'arrivée de
la nouvelle année. Nous portons avec Lui le désir d'un
monde qui s'en va toujours vers une situation meilleure;
un monde dans lequel chaque personne progresse, en âge
bien sûr, mais aussi en capacité de bonheur, de
réalisation de soi, d'accomplissement total. À cause de
cela, nous échangeons des vœux et des présents, nous
multiplions les rencontres et nous partageons avec les
personnes plus démunies.
Nous ne manquons pas non plus de regarder
le cheminement de la société dans laquelle nous vivons
et à laquelle nous participons. Nous souhaitons qu'elle
aussi progresse, qu'elle se développe. Encore faut-il
voir de quel progrès nous parlons, de quel
développement. Ce que nous souhaitons pour la société
c'est un développement qui soit favorable à toutes les
portions de la population qui la compose. L'année 2008
sera bonne, comme on le souhaite à répétition ce
temps-ci, si celles et ceux qui vivent dans la pauvreté
voient leur sort s'améliorer, si les réussites dans le
combat contre les maladies sont marquantes, si on
parvient à protéger l'environnement naturel suffisamment
pour empêcher les catastrophes anticipées. Elle sera
bonne si les biens sont mieux partagés entre les plus
riches et les plus pauvres.
L'année sera bonne si nous, croyantes et
croyants catholiques, sommes capables de reconnaître
notre identité à sa juste mesure, sans pavoisement, sans
démission, sans défaitisme, sans fausse pudeur, au-delà
des accusations fondées ou préjugées concernant les
erreurs du passé.
L'année qui vient de se terminer a été
l'occasion de bien des questionnements en cette matière.
Je souhaite que ce brassage d'idées nous aide, avec le
secours de l'Esprit saint de Dieu, à mieux nous situer
dans notre foi et par rapport à notre Église. Je
souhaite aussi que ces réflexions nous aident à nous
situer avec compréhension et tolérance envers les
personnes qui ne partagent pas notre foi et qui
pratiquent une autre forme de religion. Je souhaite
aussi que nous portions un regard renouvelé sur notre
propre religion et que nous ayons davantage le goût de
la transmettre aux jeunes générations de façon positive
et éclairée, puisque nous croyons que, tout compte fait,
notre foi témoigne de bonne façon de la relation
nécessaire de notre monde avec le Dieu qui l'a créé. Et
que tout cela se vive avec bonheur, dans la confiance,
la paix et la joie intérieure nécessaire à une vie
harmonieuse, en sympathie avec les humains de toute la
terre.
«Paix aux personnes de bonne volonté!»
Voilà mon souhait pour la fête de Jésus et pour l'année
qui vient de commencer.
† Clément Fecteau
Évêque de Sainte-Anne-de-la-Pocatière
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