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La famille tissée serrée?
Je reprends les propos de Carmelle Laplante, qu’elle a écrits pour la
célébration eucharistique de la Semaine québécoise des familles : « Les
soucis font partie de la vie familiale comme les nuages peuvent
obscurcir le ciel. Parfois, ils viennent assombrir la vie par des
préoccupations diverses comme l’instabilité financière, la précarité des
emplois, la dégradation de l’environnement, l’accès aux logements, la
qualité de l’alimentation, la santé, la montée de la violence, les
injustices et la guerre. Les soucis cachent parfois la peur de ne pas
être à la hauteur de ce que la société demande, la peur de ne pas être
de bons parents, de bons enfants. Malgré les nuages gris qui viennent
parfois assombrir la vie familiale, le Seigneur nous invite à avoir
confiance et à ne pas perdre de vue le soleil derrière les nuages ».
Je me demande si nous apprenons à nos jeunes enfants et à nos moins
jeunes à affronter les difficultés qu’ils rencontreront sur leur route?
Comment rebondir après un échec, une épreuve, devant une contrariété?
Parfois, nous attendons tellement que nous devons référer à des
spécialistes. Il me semble que nous ignorons et que nous ne développons
pas les ressources que nous avons à l’intérieur de nous.
Comment peut-on aider nos enfants qui ont souvent de grosses peines, de
grosses colères, de grosses peurs, de gros bobos? Nous pouvons les aider
à exprimer ce qu’ils ressentent, à les encourager à le faire. Souvent,
nous leur disons, après qu’un enfant a fait une chute : « je vais te
donner un bécot sur ton bobo et ce n’est rien ». Ne lui disons-nous pas
à travers ce geste, qui est chargé d’amour, que nous sommes en train de
nier sa souffrance? Ce n’est rien pour lui ou pour nous? Parfois, le
bobo n’est pas à l’extérieur. Nous pouvons apprendre à l’enfant à
demander de l’aide et s’il est ami avec Jésus et bien nous lui dirons
qu’Il guérit les bobos du cœur et qu’il est important de lui parler
quand ça va mal… Si nous pouvions voir les bobos du cœur de chaque
personne, nous resterions très surpris. C’est facile de camoufler ce mal
par un masque. Alors, apprenons à nos enfants à verbaliser leur mal
intérieur, comme nous le faisons nous aussi, et à nous faire assez
confiance pour nous révéler à l’autre (La P’tite Pasto, année 2, page
71).
Le deuil fait aussi partie de nos réalités. Perdre dans la mort et
perdre dans la vie se vivent de manière différente. La mort est une
grande épreuve; la plupart du temps, elle nous sépare physiquement d’une
personne que nous aimons. Face à la mort, il y a tant de mystère et de
questions! C’est une situation de non-retour; c’est bien fini, la
personne n’est plus là. Quitter un vivant n’a pas ce caractère
définitif; on peut et souvent on doit revoir la personne, ce qui a pour
effet de rouvrir des plaies qui commençaient à se cicatriser (Jean
Monbourquette, Aimer, perdre et grandir). La foi chrétienne est une foi
en la vie, une vie plus forte que la mort… Jésus ressuscité est au cœur
de l’espérance chrétienne : la mort n’aura pas le dernier mot sur la
vie… ( Au rythme de la vie familiale, Institut de la famille). Et la
nature est bonne pédagogue face à la renaissance. Après chaque hiver,
nous nous demandons si les feuilles et les fleurs vont repousser.
Pourquoi ce serait différent pour nous?
Ginette Jetté
Pastorale familiale
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