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Notre chronique « Écho des familles » s’est rendue jusqu’en France. Nous
en avons eu des réactions positives. Un diacre ami a accepté de nous
raconter l’activité bien spéciale qu’il vit depuis son enfance avec sa
parenté au matin de Pâques et qu’il perpétue lui-même avec ses
petits-enfants. François Boute, diacre de Saint-Étienne en France, m’a
fait parvenir cet article et je vous le livre ce mois-ci. Cette
tradition familiale existe aussi chez-nous et je vous la propose. Je
remercie chaleureusement François pour sa collaboration à notre
chronique. Jean-Yves Fortin, d.p.
Pâques entre tradition chrétienne et
tradition «païenne»
Dans mon enfance, il y a soixante ans et quelques broutilles, mes
parents, qui ont eu neuf enfants, nous ont fait partager leur foi en
Jésus Christ en nous faisant participer aux célébrations pascales et aux
aspects festifs et conviviaux du rassemblement familial indissociable de
cette fête
Pendant quelques années, jusque vers huit ou neuf ans, j’ai cru à la
légende du voyage des cloches. Vous savez cette légende qui dit qu’au
soir du Jeudi Saint les cloches s’envolent pour Rome. Ce départ était
accompagné dans nos églises par le «camouflage» de toutes les statues
sous des voiles de deuils.
Il y avait un temps de silence, un temps de «conversion» qui se
terminait au matin de Pâques par le retour triomphal du Christ
ressuscité et des cloches qui «carillonnaient» joyeusement cet
évènement. En plus, au grand bonheur des enfants, les cloches
dispersaient dans les jardins œufs, cloches ou poissons… Savez vous que
les cloches avaient même l’intelligence de déposer leur fardeau à
l’intérieur des maisons en cas de mauvais temps ?
Cette tradition, nous l’avons continuée avec nos enfants et nos petits
enfants. Samedi soir une partie d’entre eux étaient présent à la Veillée
pascale; pas tous malheureusement !
Dimanche dix «cloches» ont sillonné notre jardin. Grands-parents et
parents ont dispersé différents sujets en chocolat dans les haies, les
massifs de fleurs, arbres, tas de bois de chauffage et autres caches
possibles ! De vrais gamins qui revivaient des souvenirs d’enfances et
qui voulaient les transmettre à leur progéniture !
Vous avez sans doute compris que nous étions plus nombreux rassemblés
pour la partie festive en famille que pour la célébration religieuse !
C’est une souffrance pour nous ! Mais faut-il s’en culpabiliser ? Je
pense que non, la foi se propose, elle ne se transmet pas et il ne nous
appartient pas de l’imposer à nos enfants et petits enfants. Par contre
il nous appartient de maintenir les liens familiaux en organisant
régulièrement des fêtes de familles réunissant dans la joie nos enfants
et petits enfants. C’est une tradition qui crée des liens et des
souvenirs, c’est de l’amour partagé.
Pour la foi il nous appartient de témoigner, mais laissons à l’Esprit
Saint, qui nous précède toujours, le soin de se révéler à sa façon.
C’est peut-être frustrant mais nous ne sommes pas Dieu !
Pour la vie de famille par contre, faisons tout pour qu’elle reste
vivante ! C’est le creuset dans lequel enfants et petits enfants peuvent
faire l’expérience d’un vivre ensemble où, si nous les aidons, ils
peuvent faire l’apprentissage du respect des différences.
Joyeuses Pâques (avec un peu de retard) à tous ceux qui liront ces
lignes avec le souhait que traditions religieuses et
«païennes»…continuent à cohabiter sans que les secondes «étouffent» les
premières !
François, diacre.
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