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Les joies de la glissade
Une discussion avec des collègues au moment de la pause a ramené à ma
mémoire un moment fort agréable que j’ai vécu il y a quelques années
avec mes petits neveux et nièces. Et j’ai eu le goût de vous le
partager…
C’était au printemps, durant le congé de Pâques. Une bonne partie de ma
famille était réunie au chalet de ma sœur pour un repas en plein air,
comme il nous arrive d’en faire à quelques reprises durant la saison
froide. Pour qui n’a jamais tenté l’expérience, il y a un réel plaisir à
partager un repas frugal autour d’un bon feu de bois.
Ce jour-là donc, nous étions une bonne vingtaine d’adultes et d’enfants
autour du feu. Mais tous savent que quand ils ont bien mangé, les
enfants ont souvent un trop plein d’énergie à dépenser. Comme ils
voulaient aller glisser et qu’aucun des parents n’avait le goût de se
sacrifier pour remonter le traîneau, je suis donc parti avec mes petits
neveux et nièces. Quelle équipée! Un seul petit traîneau pour sept
marmots dont l’âge variait de 3 à 10 ans. En plus de veiller sur les
petits, il fallait arbitrer les descentes deux par deux. Comme c’est
souvent le cas, les garçons, plus téméraires de nature, ne voulaient pas
partager le traîneau avec leurs petites cousines. L’une des filles, plus
revendicatrice que les autres, avait de la difficulté à accepter que ce
ne soit pas toujours son tour à descendre la côte. Et il y avait la
petite dernière qui n’acceptait d’effectuer la descente qu’en compagnie
de son grand-oncle. Et bien sûr, c’était lui qui devait remonter le
traîneau…avec la petite assise dedans!
Parti du chalet à deux heures de l’après-midi, nous n’y sommes revenus
que vers quatre heures 30. Dès notre entrée dans le chalet, les enfants
rivalisaient d’astuces pour attirer l’attention des parents. C’est
qu’ils avaient des histoires remplies de péripéties à raconter ces
enfants-là! Le grand-oncle était fatigué certes, mais la joie qui se
voyait dans les yeux des petits venait mettre un baume sur mes
courbatures.
Ce soir-là, je vous jure, et les enfants et le grand-oncle n’ont pas eu
de mal à trouver le sommeil. Et je suis persuadé qu’eux comme moi, nous
nous sommes endormis avec le sourire aux lèvres.
Je sais que les petits ont gardé un très bon souvenir de cet après-midi
de glissade puisqu’ils m’en parlent encore quand j’ai l’occasion de les
revoir. Quant à moi, je remercie Dieu de m’avoir permis de retrouver,
durant quelques heures, une partie des petites joies simples de ma vie
d’enfance. Aujourd’hui encore, quand la chance m’en est donnée, c’est
sans hésitation que j’accepte d’accompagner les petits à l’extérieur
pour me rouler dans la neige ou dans le champ de marguerites, selon la
saison.
Gaétan Godbout
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